jeudi 19 avril 2018

Anniversaire du Miracle de Notre Sainte Mère Douloureuse

En l'anniversaire du Miracle de la Sainte Mère de Dieu
au Collège de Saint Gabriel (20 avril 1906)

L'image exposée dans l'église des Jésuites à l'occasion de cette fête

Historique
Le vendredi 20 avril 1906, les trente-six élèves internes au Collège de Saint-Gabriel, dirigé par les Pères Jésuites à Quito, Équateur, terminaient leur repas. Le frère Louis Alberdi s'apprêtait à les ramener à l'étude, quand arriva le Préfet, Père André Roesch, qui décida de les livrer à une courte récréation. Tandis que les plus jeunes se mirent à jouer ou à parler, comme à l'habitude, les plus âgés écoutaient le Père Roesch leur parler du grand tremblement de terre qui avait meurtri la Californie, pulvérisant la ville de San Francisco deux jours auparavant.

Dans le réfectoire, il y avait un groupe de trois jeunes enfants qui venaient tous de recevoir leur Première Communion et qui discutaient des sujets bien pieux. Il s'agissait de Carlos Herrmann, Pedro Donoso et Jaime Chaves. Ce dernier, le plus jeune d'entre eux, pris d'une inspiration intérieure, leva les yeux et porta le regard vers l'image de Notre Dame des Sept-Douleurs, suspendue à l'un des murs de ladite salle, à une distance de près de trois mètres.

Le jeune garçon contemplait attentivement l'image. Et soudain, il vit la Sainte Vierge ouvrir et refermer Ses yeux. Elle battait des paupières. Sans essayer de donner d'explications sur ce qu'il venait de voir, il fit signe à ses camarades. Effrayés, ils allèrent signaler le Préfet et les autres étudiants. Ces derniers se montrèrent dédaigneux et indifférents, ne voyant là qu'une plaisanterie. Le Préfet et le surveillant se montrèrent eux aussi tout aussi froids. Déclarant qu'il ne s'agissait que d'une illusion, il entraîna ses élèves prier le Chapelet devant le sanctuaire, -avant même que le prodige ne prît fin-. Le phénomène se prolongea tout de même près d'un quart d'heure. À la fin, tous cèdent devant l'évidence du fait, avec une impressionnante unanimité. Le miracle se répéta dans la chapelle, la même journée, à huit heures du soir, alors que les élèves récitaient les litanies de la Sainte Vierge devant l'image miraculeuse.

L'image en question est une chromo-lithographie de taille moyenne (38 x 42 cm), représentant Notre Dames des Sept-Douleurs tenant la couronne d'épines à sa main droite et trois clous à sa main gauche, et son Cœur Immaculé violemment transpercé par sept glaives.

Un triduum solennel
Le Vicaire Général du Diocèse ordonna le transfert de l'image thaumaturge six semaines après la première manifestation. Elle fut portée en procession de la chapelle du Collège jusqu'à l'église de la Compagnie de Jésus (sur la place adjacente), où un triduum solennel allait être célébré. Ce fut une procession majestueuse. Toutes les communautés religieuses, les associations catholiques, écoles et collèges, une grande partie de l'aristocratie de la capi-tale et près de trente mille personnes y prirent part. Une telle manifestation de foi, spontanée et si assistée, avait rarement été observée dans la paisible ville de Saint-François de Quito. Une fois à l'intérieur de l'église, le miracle se renouvela à de nombreuses reprises, et plusieurs conversions s'ensuivirent. Parmi les plus remarquables, celle de l'éditeur du quotidien El Tiempo, l'un des journaux les plus irréligieux d'Équateur. Le journaliste impie se joignit à la masse des fidèles avec pour seule intention de se moquer de la Sainte Vierge. Toutefois, dès qu'il vit le prodige s'accomplir et l'image de la Mère de Dieu cligner des yeux et pleurer, il tomba à genoux et fendit en larmes en vrai repentant. Sa vie subséquente témoigna de la vérité de sa conversion. Ce culte de la Mater Dolorosa, né au XIIIème siècle en Allemagne, aller se développer et porter la grâce aux peuples chrétiens jusqu'aux confins de la planète.

Depuis 1906, le premier miracle est commémoré chaque année par une neuvaine solennelle et fervente. En 1931, le 25ème anniversaire du miracle déchaîna une ferveur irrépressible; lors du jubilé d'or, en 1956, ce fut un nouveau sursaut de foi et de dévotion. SS Pie XII décréta le couronnement canonique de l'image devant une immense foule, réunie dans un stade. Le couronnement fut effectué par le Cardinal de la Torre, Archevêque de Quito, en présence du président de la République, José María Velasco-Ibarra, parmi les vivas et les cris d'enthousiasme. Le Souverain Pontife délivra un vibrant message radiophonique. Le stade fut soudain muet: plus un seul bruit. Tous en silence pour entendre les paroles que, depuis le Vatican, nous dirigeait Notre Pape Pie XII. Un silence religieux hantait le stade, où résonnait l'allègre écho des alléluias et des carillons romains. L'émotion saisit toute l'assistance: l'on entendait les cloches vaticanes et la voix claire de celui qui est sous l'anneau du pêcheur, la voix de ce saint pontife et paladin du Christ résonne dans les lointains plateaux des Andes.

La Dolorosa del Colegio de San Gabriel - Quito
Dans le but de diffuser cette image et d'encourager les fidèles à prier et méditer les douleurs de la Très Sainte Vierge devant celle-ci, le Pape Saint Pie X a accordé une indulgence
de 100 jours à tous ceux qui réciteraient devant elle trois Je Vous Salue Marie (12 oct. 1907).

CŒUR DOULOUREUX et IMMACULÉ DE MARIE,
Priez pour nous qui avons recours à vous.
100 jours d'indulgence.
SS Benoît XV, 15 sept. 1915

dimanche 15 avril 2018

Timbres & Blasphème (2ème partie)

GARE AUX BLASPHÉMATEURS

1949. - Timbre poste datant de la supposée "Grande noirceur"

Le blasphème offense FOI, PATRIE et politesse; le timbre d'en-haut le montre bien. Valeurs motrices d'un peuple, les deux premières sont les vecteurs de l'élévation de celui-ci, et, de ce fait, la juste cause du rayonnement de la nation pour ce qu'elle incarne vraiment. Péché, déviance  impie décriée par l'Église et la société canadienne-française d'antan, il faut constater qu'aujourd'hui, c'est l'État le blasphémateur. Et que cette triade n'a plus grand sens en 2018.

2016. - Que faut-il voir sinon cela ?

samedi 14 avril 2018

Timbres & Blasphème (1ère partie)

Le représentant de Poste Canada déclarait en décembre 2016 à Radio-Canada: "La nudité publique est une partie importante de l'histoire Canadienne; c'est pour cela que Poste Canada a annoncé l'émission de deux timbres commémoratifs honorant « Wreck Beach », la plage nudiste la plus grande du Canada".


Il poursuit: "Nous voulions faire quelque chose qui célébrerait notre nudité et la place de celle-ci dans notre culture". OUR nudity, OUR culture. Un moment, CULTURE ? LAQUELLE ? Celle d'être des enjuivés qui vont se faire décimer par des islamistes sauvages ! La culture d'être devenus, avec PET -et maintenant avec Justin (en voilà deux)- la risée du monde oriental, où les guignols sont vite remis à leur place. Espérons que par le froid qu'il fait, les Troudeaux vont glacer ! 

Pour conclure sur une note bien renversante ! Ah ah ! "Quand on lui a demandé s'il pensait que les timbres pourraient choquer des Canadiens, Henderson a répondu: « Non, il n'y a rien d'offensant dans la nudité canadienne: c'est d'ailleurs pour cela que ce sera LE SEUL timbre-poste que l'on vendra pendant le temps des Fêtes »". Donc, pas de timbres avec la Sainte Famille à Noël cette année, chers amis; que voulez-vous, ça pourrait vexer ! À éviter.

Pour qui parle de choquer, voyons, nous sommes en 2018 ! Il n'y a plus rien d'offensant. De la pornographie plein les rues, les écoles, les films, maintenant les timbres... Choquant, ça ? Que nenni ! Mais, une croix de chemin, pourquoi doit-elle être retirée ? Parce qu'elle ne respecte pas la pluralité. On n'en veut pas... elle nous rappelle un passé ô combien sombre (dites plutôt volontairement méconnu). En ancienne terre chrétienne! Alors là, oui, en effet, l'identité catholique, c'est bien ce qu'il y a de plus choquant: c'est un obstacle au mondialisme. Et quel obstacle! Ne parlons même pas des crèches polémiques...oubliez ça ! JOYEUX NOËL ! Oups.

Source:
www.cbc.ca/radio/thisisthat/this-is-that-s-best-of-2016-1.3901143/canada-post-to-release-nude-stamp-honouring-wreck-beach-1.3901171

vendredi 30 mars 2018

Un Vendredi-Saint à Venise

À Saint-Marc en Venise

Il me semble que c'était hier et, cependant, deux années se sont écoulées déjà. C'était le Vendredi Saint 1912. J'arrivais de Budapest, par Trieste, à Venise, où je m'arrêtais avant d'aller à Rome.

Le temps rigide, la pluie constante et le manque de gondoles ne m'avaient presque pas permis de visiter minutieusement la ville; c'est à peine si j'avais pu admirer ses palais médiévaux, les lagunes vénètes aux paisibles ondes, et aperçu ses musées et ses Églises à l'impressionnante architecture et beauté.

De façon inopinée, sans que personne ne s'y attendit, le matin de ce jour-là –le Vendredi Saint–, fut exceptionnellement splendide. Le soleil brûlait sur un océan de feu. La brume se dissipa rapidement et les nuages s'évaporaient en spirales immenses; et le ciel, jusque-là brumeux et sombre, se présenta neigeux et resplendissant; puis, et peu à peu, il se changea dans un bleu clair, qui, lui, lentement, devint intense et si scintillant et magnifique que celui de notre ciel équatorial. 

Beau jour –me suis-je dit– ; et, comme si je craignais qu'un temps si splendide et inattendu disparût, je me suis empressé de diriger mes pas vers la place Saint-Marc, devant laquelle se trouve, comme dominant la ville entière, la très ancienne et célèbre Cathédrale du même nom. 

Qui n'a entendu parler de Saint-Marc de Venise ? Qui ne sait qu'elle est l'une de Cathédrales avec le plus de renommée de par le monde, -autant par son style modèle de grâce, par son ancienneté, qui date du IXème siècle, que, en somme, par sa magnificence et la royale pompe du culte qui y est célébré, spécialement pendant la Grande Semaine- ? Tout le monde le sait ou l'a entendu; cependant, toute célébrité ou réputation est devancée et excédée de loin par la réalité.

Quelle grandiose Cathédrale, en effet ! À peine je traversai le portique que j'eus à mes yeux quelque chose de semblable à une vision de cinématographe. Les tableaux succédaient les tableaux et les images s'enchaînaient, avec une explosion pléthorique d'éclats. J'en restai ébloui un moment, et, seulement après, peu à peu, je pus me rendre compte du magnifique ensemble d'harmonie et d'art qui se déployait à ma vue.

D'abord, j'admirais la paroi intérieure des murs, vieux et robustes, travaillée délicatement avec du stuc, sans doute pendant des années, et pailletée d'or pur, avec tant de patience et la touche du goût artisan, que l'on pouvait y contempler, comme en relief, de très belles mosaïques inspirées par la vie des Saints ou dans les mystères de la Religion....... ensuite, de superbes statues des douze Apôtres, en marbre, pleines de vie, avec les reflets du burin et des contours si fins, révélation du génie et orgueil des siècles....... puis, des Images, à l'huiles, chefs-d'œuvre des meilleurs artistes italiens qui s'y sont donnés rendez-vous pour concurrencer par les touches du coloris, des traits de lumière par des coups de pinceau....... poursuivant, le Dôme, garni d'étoiles dorées comme de clous....... le Baptistère en bronze....... le Crucifix de l'immortel Tintoret....... le carrelage en marbre de Carrare, lisse et satiné, telle la surface brillante des lagunes tranquilles..............


Dans l'ample vestibule du Maître-Autel, présidait à la solennelle Cérémonie de la Passion, le Patriarche de Venise, revêtu de riches habits noirs, accompagné de ses diacres -également parés pour l'occasion d'un rigoureux deuil-, l'un d'eux lui présentait la Sainte-Croix.

Commençait alors l'adoration du Vendredi-Saint, si solennelle et digne dans toute la Chrétienté. Puis lentement, d'abord les religieux et les prêtres, puis les laïcs et la masse des présents, vinrent, suivant grand ordre et avec une discipline admirable, se prosterner révérencieusement devant le saint madrier de la Croix; pendant que le Chœur, divisé en deux sections et composé probablement des meilleurs artistes de Venise, commençait à entonner les Impropères, qui sont de rigueur pour ce jour saint.

Les notes passionnées en la mineur de ce douloureux concert répercutèrent sur cette énorme enceinte, où une multitude pleine de foi regroupée, écoutait humble et émue les lamentations du Sauveur. Soudain, deux ténors, dont les voix étaient une complainte, commençant en ré mineur, progressèrent  jusqu'au mi, avec des variantes aiguës et graves, comme si elles eussent le fol acharnement d'exprimer la douleur sous toutes ses formes, l'immense douleur de Dieu abandonné des siens, méconnu des peuples et vilipendé par l'humanité.

« Populus meus, quid fecit tibi...
Ô mon peuple, que t'ai-je fait? ou en quoi
t'ai-je offensé ? réponds-moi... »

La vigoureuse voix des artistes atteignait son paroxysme; cette intensité n'était plus seulement une plainte, mais bien une supplique douloureuse qui frappait l'âme; qui se mourait lentement, entre torrents d'harmonie; qui agonisait, à la fin, par un triste et douloureux silence...........

¿ Est-ce que la nostalgie de la patrie, le dépaysement, influe sur la sensibilité ? Est-ce que le sentiment religieux est celui qui a le plus de pouvoir en l'homme ? Ou bien, est-ce que le souvenir fortifie et exalte les impressions passées ? Non, je ne le sais, et ne saurais dire... Deux ans ont passé depuis. Après cela, je me suis trouvé à l'Opéra de Paris, j'ai écouté Kubelík, admiré Sarah Bernhardt, applaudi frénétiquement Caruso, et, au théâtre Saint-Martin, dans la Capitale de France, je sentis s'embrumer mes yeux, devant l'interprétation de Cyrano de Bergerac. À Londres, j'assistai à Hamlet. À Rome, j'écoutai Perosi. À Madrid, j'eus des élans de sanglots devant Rigoletto. Et je restai saisi de l'effroi et confus quand j'écoutais les Nibelungen de Wagner à Berlin. Et à Vienne, mes larmes jaillirent au Théâtre Impérial, au solo d'un baryton hongrois qui chantait Aida. Est-ce que Verdi a quelque rival en tendresse et sentiment ? Deux ans ont passé. Mais jamais plus je n'ai senti d'émotion aussi intense et profonde que celle de cette journée à Venise, qui est restée imprimée en mon cœur.

« Qu’ai-je dû faire pour toi, que je n’aie point fait ?
J’ai pour toi, sorti frappé de mon fouet l’Égypte
avec ses premiers-nés, et tu m’as livré pour être
flagellé. J’ai marché devant toi comme une colonne
de nuée, et tu m’as mené au prétoire de Pilate.
Je t’ai fait boire l’eau salutaire du rocher,
et tu m’as abreuvé de fiel et de vinaigre.
Je t’ai élevé en déployant une grande force,
et toi tu m’as attaché au gibet de la Croix... Pópulus meus,
quid féci tibi... Ô mon peuple, que t'ai-je fait ? en quoi t'ai-je contristé ? »

Et la voix passionnée des ténors vibrait claire et sonore dans la spacieuse église, toute endeuillée, et ornée des bandeaux en berne qui pendaient de la voûte au sol, entre des couronnes de myrtes, pelouse et palmiers des tropiques. La fumée de la myrrhe remontait encore en tourbillons devant le SAINT des SAINTS et de la profusion antérieure de lumières de cierges et des nombreuses ampoules électriques il ne restait plus rien; elles étaient éteintes. Uniquement, dans la coupole et l'arcade restait-il, peut-être encore, quelque chose de l'arôme des fleurs et du parfum de l'encens. Les impropères continuaient et le peuple, avec grande dévotion, poursuivait, adorant la Croix. Vraiment, il y régnait une ambiance de Foi et de sentiment religieux, de ferveur grave, qui élevait en esprit aux régions de l'infini et s'approchait de Dieu.

« Ô mon peuple, que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je contristé ?
Réponds-moi... les chœur continuait avec grande inspiration et tristesse.
Est-ce parce que je t’ai tiré d’Égypte que tu as préparé une croix
pour ton Sauveur ? Quia eduxi te per desertum... Est-ce parce que,
durant quarante ans, j’ai été ton conducteur dans le désert, que je
t’y ai nourri de la manne et que je t’ai introduit dans une terre
excellente.... Quid ultra débui fácere tibi, et non féci...
Qu’ai-je dû faire pour toi, que je n’aie point fait ? Je t’ai planté
comme la plus belle de mes vignes et tu n’as pour moi qu’une
amertume excessive, car, dans ma soif, tu m’as donné du vinaigre
à boire et tu as percé de la lance le côté de ton Sauveur... Populus meus,
quid feci tibi ? Ô mon peuple, que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je contristé ? Réponds-moi... »


Et la musique, et le chant, et le concert, et l'adoration de la Croix, continuaient, atteignant le sublime.  On aurait dit que la cérémonie prenait le reflet du Ciel. Jamais avant ce jour-là, je ne compris l'éminence du Christianisme. Et jamais ne me parut l'homme plus grand qu'à genoux devant Dieu. Ces impropères, d'un art si exquis et si magnifiquement interprétés, me parurent les lamentations du Seigneur, qui se plaignait à toute l'humanité. Et jamais comme alors je ne m'étais rendu compte du grand pouvoir de la Croix, de ce madrier saint, que tout un peuple embrassait révérencieux; labarum béni sous l'ombre duquel devra se mener la dernière et la plus acharnée bataille de la Vérité et de la Pensée !

Mon cerveau allait éclater. En quête de paix, je montai en haut de l'église. Et je pus alors contempler Venise, idéale, construite sur l'eau, avec ses rues -ou plutôt, ses canaux pleins de gondoles-, lesquelles gondoles, blanches comme des mouettes, allaient des lacs à la ville et de la ville aux lacs, patinant avec douceur sur la face argentée des ondes....... Les colombes de Saint-Marc voltigeaient par les tours des byzantines églises, s'arrêtant aux clochers et refrénaient leur vol devant la Place, pour se poser sur l'épaule des passants qui leur mettaient dans le bec des quignons de pain....... et reprenant leur envol, elles se perdaient à nouveau dans l'horizon sans limites dans les eaux.

Que le temps passe ! Cela fait déjà deux ans et il me paraît que c'était hier encore. Et de cela il ne me reste que le souvenir ! Sauf que la noble Venise, gentille Maîtresse des mers, cité des nombreux lacs et des belles gondoles, le soleil ardent d'Italie l'illumine, et la berce le doux va-et-vient des vagues que boivent ses palais, alors que mes souvenirs, mes mortes illusions et mes songes d'amour, naufragés dans les tempêtes sans calme de mon âme, ne sont éclairés que par ma douleur et bercés par la houle tumultueuse des larmes.

Venise ! Cité des lagunes et des gondoles... des colombes de Saint-Marc et des églises byzantines, unique au monde, je ne vous contemplerai, sans doute, plus jamais de nouveau !

Jamais ?



N. Merchán
Équateur, Avril 1914

Hommage à un protomartyr

Le Très-Illustre Mgr CHECA y BARBA
Hommage rendu lors du 141ème anniversaire de son assassinat, orchestré par la franc-maçonnerie internationale et les judéo-libéraux, et survenu, lui aussi, un Vendredi-Saint, comme celui de Notre Seigneur.

En compagnie de Mgr Lizarzaburu, Archevêque de Guayaquil (vers 1870)

Permettez-nous de consacrer ici quelques brèves lignes qui pourront témoigner de notre gratitude et admiration envers la mémoire de l'insigne Archevêque-Martyr, dont le nom, uni à celui de García Moreno, symbolise l'intime union et la concorde entre l'Église et l'État.

Joseph-Ignace de Checa y Barba naquit à Quito; il fut baptisé dans la Cathédrale de ladite ville, le 4 août 1829. Ses parents furent le célèbre Colonel de l'Indépendance, don Félicien Checa y Barba, et doña Alegría Barba y Borgia, des plus notables et vertueuses familles du pays. Très tôt, il se consacra à servir Dieu et, après l'obtention du titre de Docteur in utronque jure par l'Université de Saint Thomas, il reçut l'onction des Saints Ordres Sacerdotaux. Il servit, au cours de son ministère, dans plusieurs champs et à plusieurs degrés la vie ecclésiastique.

Sa vertu héroïque, l'aristocratie de son berceau et ses grandes qualités intellectuelles attirèrent sitôt vers lui l'attention publique, bien que la modestie y imposât discrète retenue. La Constituante de 1861 l'élut comme Évêque auxiliaire de Conques, avec résidence à Loja *(petite ville située dans le sud, près de la frontière avec le Pérou). Il n'avait alors pas plus de trente-deux ans. Il demeura dans cet exercice peu de temps, ayant toutefois mené à bien sa difficile charge, avec la satisfaction unanime de ses fidèles sujets bien-aimés; en 1867, les Bulles Pontificales l'instituaient en tant que premier Évêque d'Ibarra *(dans le nord-est du pays). Alors qu'il organisait le nouveau Diocèse, le Congrès de 1868 l'éleva à l'Archevêché, après une longue concurrence avec son éminent collègue, Mgr Ordóñez-Lasso. Son Archiépiscopat, qui fut exercé avec sagesse et sainteté, se prolongea jusqu'au 30 mars 1877, où il fut sacrifié dans l'intérêt de la FOI CHRÉTIENNE, de la terrible façon que nous connaissons tous.

Le glorieux Archevêque fut un collaborateur infatigable de García Moreno. Dès la seconde accession de ce dernier au pouvoir, Mgr Checa s'en alla en Europe pour accomplir les nombreuses commissions du Président. Grâce à ses efforts, il parvint à faire venir les Sœurs de la Charité, des Religieuses de la Providence et de celles du Bon Pasteur, qui prirent aussitôt en charge la direction des Hôpitaux, de l'enseignement technique féminin et des soins pour les détenus, respectivement, et combien d'autres actions et œuvres pieuses. Cependant, l'un des plus grands mérites consiste à avoir confié le Gouvernement des Séminaires (suite à la création du Grand-Séminaire), aux Lazaristes, congrégation  qui a prêté d'extraordinaires services à la formation du nouveau clergé.

García Moreno et Mgr Checa consacrèrent, d'un commun accord, la République, au Sacré-Cœur de Jésus, brillante apothéose de l'expression du profond sentiment catholique en notre Patrie, acte qui couronne l'époque la plus glorieuse de sa vie, et mérite culminant de ces deux bienheureuses figures.

Tiré de la revue La Croix (1925), hebdomadaire de l'Association Catholique de la Jeunesse Équatorienne: numéros 33-64, page 486.

lundi 26 mars 2018

Bonne Semaine Sainte !

Père, entre Vos mains je remets mon esprit !

Chers lecteurs et amis,

Nous vous souhaitons une bonne Semaine Sainte ! Un moment qui favorise le recueillement devant le Sacrifice Rédempteur de Notre Seigneur dans la Croix. À lui notre seule adoration. C'est dans ce cadre que nous vous proposerons d'accéder bientôt à un texte unique et presque inédit, intitulé Un Vendredi Saint à Venise et datant du temps de Saint Pie X, afin que vous méditiez sur l'expérience religieuse d'un jeune voyageur extérieurement saisi par la ville des lagunes et son étonnante Basilique-Cathédrale Saint-Marc, mais plus profondément émerveillé par l'universalité de Notre Sainte Église et les splendeurs de la Chrétienté.

Œuvre qui témoigne aussi de la réelle inclusion des autres peuples dans la civilisation chrétienne occidentale, à une époque où on entendait le nivellement -c'est-à-dire l'égalisation, sur un plan purement social- comme se faisant par le haut -et non comme le lamentable rabaissement actuel-, possible moyennant l'éducation, la culture et la volonté, elle saura rejoindre votre âme et vous enjoindre à la pratique du vrai catholicisme et non du modernisme protestant. Vous aussi verrez que l'homme n'est grand qu'à genoux devant son Dieu. Telle est la clef de la réelle élévation vers Lui...

jeudi 15 mars 2018

Dernière déclaration à la jeunesse canadienne


Montréal, le 2 octobre 1966

« Belle, généreuse et admirable jeunesse de notre Canada d'aujourd'hui, toi qui es notre succession, notre espoir, notre dernière joie de vivre pendant que tes aînés déclinent et s'en vont, ne te laisse pas entraîner dans les complots de l'Ennemi implacable qui veut détruire ton héritage. Sache discerner les pièges qu'on veut te tendre, les poisons que ton pire ennemi de tous les temps veut t'inoculer. Réponds au cœur toujours vibrant de ta race, à l'appel de tes ancêtres qui t'ont fait ce que tu es ! Ramène la joie et l'allégresse dans le cœur angoissé de tes parents !

« Reviens à ta Foi, sans discuter les mystères impénétrables qui ne tombent pas sous l'aberration de la petite raison humaine ! Belle jeunesse de notre pays, toi si pure et si généreuse et si enthousiaste, tâche de comprendre, non dans ton esprit mais dans ton cœur, non dans ton instruction mais dans ton baptême, que tu es affligée et torturée dans le plus grand combat de toute l'histoire humaine' que tu as à faire un choix décisif et final dans cette bataille prédite depuis si longtemps: le choix entre le Christ ton Sauveur et l'Antéchrist ton destructeur, entre la Civilisation et la barbarie, entre la Liberté et l'esclavage !

Si toute ma vie de travaux, de sacrifices, de déboires et de tribulations n'aura réussi à ne te faire comprendre que cela, eh bien, je n'aurai pas vécu en vain ! »

Adrien ARCAND